TL;DR: Emmanuel Macron est élu pour un second mandat.

Avant-propos

Notez bien la date à laquelle ce billet a été rédigé, voire même à laquelle vous l’avez lu. Il y a tout à gagner à faire des pronostics parce que s’ils se révèlent exacts, je passe pour un con qui n’a rien compris à ce qu’il s’est passé (ce qui, pour être honnête, ne change pas d’ordinaire) mais s’ils s’avèrent correct, cela veut dire que :

  • mon intuition n’était pas forcément mauvaise ;
  • s’il n’y a pas corrélation avec certains évenements, on pourrait dire que je me suis approché de la vérité.

Ne perdons pas une minute de plus et essayons de revenir quelques années en arrière.

2017 : fabrication d’un candidat type « costume vide ».

On se souvient encore de la présence diplomatique limite tapageuse du président actuel Emmanuel Macron. Certains disaient à cette époque-là qu’il n’avait absolument aucun programme présidentiel qui tenait la route, et pourtant, dire qu’il n’existait aucune effervescence dans ses meetings relève du mensonge grossier.

Ancien banquier au service des Rothschild, il est donc pressenti pour être le nouveau président de la république, et de surcroît le plus jeune mandaté depuis la Ve république. Une première.

Les Français sont alors bercés d’illusion, espérant un vent de fraîcheur et de renouveau qui viendrait balayer les désastres causés par les chefs d’État précédents, et ce depuis Valéry Giscard d’Estaing.

Les sondages promettent Emmanuel Macron au second tour avec un autre candidat qui est qualifié d’extrêmiste, fût-ce Le Pen ou Mélenchon (pour qui j’avais voté au 1er tour en 2017, je tiens à préciser).

À ce moment-là, on est en droit de se demander : « qu’est-ce qu’il se passe dans la tête des gens ? »

Nous apporterons des éléments de réponse plus tard, puisqu’il n’est pas question de spéculer sur ce que pensent les gens, mais sur les résultats à venir.

Essayons de faire un parallèle entre la situation d’il y a cinq ans et la situation à venir.

2022 : Fabrication d’un nouveau candidat

Le 11 septembre 2021, Éric Zemmour intervient sur le plateau de On est en direct, animé par Laurent Ruquier et Léa Salamé. Il vient y présenter son dernier ouvrage, La France n’a pas dit son dernier mot.

Pendant un peu moins d’une heure, les présentateurs essaient de piéger l’invité et de le faire avouer qu’il se présente pour les élections présidentielles. Aujourd’hui, même si Éric Zemmour ne l’a pas formellement affirmé, plusieurs indices affirment qu’il prépare une candidature pour les élections présidentielles.

Au passage, le replay de l’émission semble disponible sur Youtube mais pas depuis la France : https://www.youtube.com/watch?v=ib-vyCbEOY4. J’ai déjà des problèmes de mémoire, mais il me semble qu’il était disponible avant. Un replay est disponible sur le site officiel de France 2 : https://www.france.tv/france-2/on-est-en-direct/on-est-en-direct-saison-2/2811355-le-face-a-face-d-eric-zemmour.html ; pourvu qu’il ne devienne pas inaccessible plus tard.

Éric Zemmour commence à disposer d’une certaine couverture médiatique. Il est même invité par BFM TV pour débattre aux côtés de Mélenchon pendant près de deux heures.

Sa chaîne Youtube cumule plus de 250 000 abonnés à l’heure actuelle, plus que celle d’Emmanuel Macron qui en comptabilise environ 228 000 à l’heure où j’écris ces lignes.

Éric Zemmour a plus d’audience que le Président de la république sur Youtube.

Il apparaît parfois dans les tendances twitter, participe à d’autres débats… Bref, il dispose d’une certaine couverture médiatique.

Il est même annoncé assez haut dans quelques sondages truqués, comme le montre le tweet ci-dessous (en espérant que lui aussi ne disparaisse pas).

À noter que ni Éric Zemmour, ni Emmanuel Macron ne se sont déclarés candidats officiels pour l’élection présidentielle de 2022.

Alors, qu’est-ce qui est entrain de se passer ? Pourquoi les instituts de sondage ne se concentrent pas sur les candidats officiels qui ont un programme solide et qui ne bénéficient pas d’une couverture médiatique égale à nos deux candidats potentiels ?

Vous croyez toujours que Éric Zemmour ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2022 ? Eh bien je vous invite à aller voir ce débunkage sur CaptainFact où Éric Zemmour atteste qu’il n’est financé par personne, alors que l’entrepreneur Charles Gave (pour qui j’ai de bon sentiments) affirme avoir aidé M. Zemmour à hauteur de 300 000 €. Si ce n’est pas pour sa campagne présidentielle, alors c’est pour quoi ?

À partir de ces constats, pronostiquons une bonne fois pour toute qu’Éric Zemmour soit candidat à l’élection présidentielle de 2022.

Pourquoi Éric Zemmour est un candidat fabriqué ?

Il est difficile de fournir une réponse argumentée et exacte à cette question. Mais voici ce qu’il en ressort :

  • Il n’a aucun programme politique sérieux. Il fait officiellement la tournée de la France pour promouvoir son livre, mais outre le fait de parler de problèmes d’immigration, il reste encore et toujours évasif sur sa candidature, et fuit la discussion sur certains sujets comme l’économie.
  • En 2017, la plupart des Français, moi y compris, avaient voté Macron “pour faire barrage à la haine” (comprendre : voter contre Marine Le Pen).

Et si l’on revient plus avant encore, d’aucuns se souviennent du second tour Chirac-Le Pen (Jean-Marie, celui-là) où le premier candidat l’avait emporté à près de quatre-vingt pour cent des suffrages.

Pour faire barrage à la haine.

Ainsi mon pronostic est le suivant : si Emmanuel Macron se présente à nouveau (ce qui dépend peut-être d’un comité restreint qui tire je ne sais quelle ficelles dans l’ombre), il y a beaucoup à parier que :

  • l’on retrouve au second tour un candidat postiche (que ledit comité veut mettre au pouvoir) et un bouc-émissaire ;
  • le candidat postiche soit élu face au candidat bouc-émissaire « pour faire barrage à la haine ».

En ce sens, l’hypothèse d’un second tour Macron - Zemmour me paraît tout indiquée, si ce n’est pas un second Macron - Le Pen.

Le mot de la fin

Maintenant, revenons à la question que j’ai posée plus haut :

À ce moment-là, on est en droit de se demander : « qu’est-ce qu’il se passe dans la tête des gens ? »

Ce qu’il s’était passé dans ma tête en 2017 était la chose suivante : j’étais gauchisé et je voyais que Jean-Luc Mélenchon était haut dans les sondages. Si à l’époque j’aurais pu porter un crédit quelconque à des gens comme Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou (ce qui n’est absolument plus le cas aujourd’hui), le fait de voir qu’ils n’avaient que peu d’intention de vote m’ont ordinairement détourné de m’intéresser à eux. Il faut aussi avouer que je n’avais pas vu le débat présidentiel à l’époque.

Le fait est que la plupart d’entre nous n’ont pas le temps de nous intéresser à ces choses-là, alors nous utilisons des biais (parce que c’est plus pratique) et le fait de voire poindre des informations matraquantes comme « M. Zemmour monte dans les sondages » nous amènerait peut-être à penser : « il faut voter utile pour que M. Zemmour ne passe pas ». C’est comme ça que je le vois.

Maintenant, si j’ai avoué ne pas avoir l’intention de voter pour Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou, mon choix électoral se précise, il sera raisonné, mais cela n’empêche pas que je crains un pronostic tel que j’ai décrit plus haut, parce qu’il semblerait qu’on essaie de nous faire avaler la pillule encore une fois.

En espérant que j’ai tort.